Jackie Pichette et Jessica Rizk — La tendance des « micro » : donner un sens aux microtitres de compétences en Ontario

Le préfixe « micro » s’est beaucoup répandu dernièrement : pensons par exemple aux microcours, aux microdiplômes ou aux micromodules. Fait intéressant, ce phénomène contraste avec l’instauration des cours en ligne ouverts et massifs, appelés MOOC, au début de la décennie précédente. Mais tout comme les délibérations entourant les MOOC, il semble y avoir presque autant d’incertitude que d’engouement à propos des microtitres de compétences. Qu’est-ce qui différencie les microtitres de compétences des grades ordinaires? Comment les élèves savent-ils si ces microtitres leur conviennent? De plus, les employeurs y perçoivent-ils une valeur intrinsèque?

Parlons d’abord de l’engouement. Ce qui s’apparente à la montée en flèche de programmes courts, souples et en phase avec l’industrie que proposent de nombreux établissements d’enseignement postsecondaire nous remplit d’enthousiasme. De tels programmes donnent la possibilité de combler les lacunes en matière de compétences et de procurer un point d’accès aux adultes qui cherchent à perfectionner leurs compétences ou à se recycler. Les microtitres de compétences en format numérique pourraient également outiller les élèves afin qu’ils mettent en valeur avec fluidité leurs compétences et leurs études auprès des employeurs potentiels.

Nous avons perçu tout le potentiel s’y rapportant à l’occasion d’un Forum tenu le 21 février par eCampusOntario à propos de la microattestation. Plus de 200 participants s’y sont investis, en personne ou à distance, pour faire part de concepts et d’exemples concrets de microapprentissage. Nous nous sommes senties à la fois inspirées et dépassées par la diversité des titres de compétences offerts en Ontario; nous avons éprouvé le besoin de tirer au clair ce que représentent ces nouveaux titres de compétences et ce qu’entraîne leur acquisition; et nous avons pris conscience du fait que les problèmes de reconnaissance, d’assurance de la qualité et de normalisation risquent vraisemblablement d’influer sur la valeur de ces titres de compétences aux yeux des élèves, des établissements d’enseignement et des employeurs.

Par conséquent, à titre de contribution à la mise en place d’une conception commune de ces titres de compétences, vous trouverez ci-après notre conception actuelle du panorama des microtitres de compétences et des titres numériques de compétences en Ontario. Notre conception englobe à la fois les microtitres de compétences et les titres numériques de compétences parce qu’ils sont étroitement liés (mais néanmoins distincts à d’importants égards), et parce que nous avons pris connaissance de la confusion et de l’utilisation interchangeable entourant ces termes et concepts. Nous nous sommes appuyées sur le travail réalisé par d’autres organismes qui parrainent actuellement de nouveaux titres de compétences, dont entre autres eCampus, l’UNESCO, la fondation Lumina, et la Commission européenne. Nous nous sommes inspirées notamment du schéma produit par le Collège Algonquin.

À l’exemple de la fondation Lumina, nous employons « titre de compétences » en tant que concept générique qui englobe les « attestations ». Le concept générique de microtitre de compétences englobe les titres de compétences numériques et autres, ainsi que les titres de compétences acquis par la participation ou l’évaluation. À notre sens, les microattestations sont considérées comme un sous-ensemble de microtitres de compétences, dont la délivrance dépend strictement d’une vérification des compétences par rapport à un ensemble de critères (autrement dit, d’une évaluation). De même, nous employons « titre numérique de compétences » en tant que concept générique qui englobe les insignes numériques (p. ex., un insigne de travail d’équipe) ainsi que les versions numériques des titres de compétences en format papier (p. ex., un grade de premier cycle). À titre illustratif, nous présentons quelques exemples de l’aspect que prennent concrètement de telles différenciations en Ontario.


L’Université McMaster veille à la réalisation de grades numériques de premier cycle. Les microcours de l’Université de Toronto sont cumulables et peuvent déboucher sur des certificats complets.
L’Université Ryerson et le Collège George-Brown proposent des insignes pour reconnaître l’apprentissage à l’extérieur de l’école. En Ontario, 14 établissements d’EPS veillent à la réalisation des principes et du cadre de microattestation d’eCampusOntario.
Le Collège Mohawk et le Collège Seneca proposent des insignes officiels d’IBM, dont l’évaluation repose sur des critères clairs.

À vous de jouer maintenant! Aidez-nous à peaufiner et à revoir notre conception. Il y a certainement matière à amélioration dans ce premier essai de notre part. N’hésitez pas à nous communiquer ci-dessous vos commentaires ou à nous transmettre par courriel votre rétroaction (Jackie et Jess). Qu’est-ce que vous changeriez ou ajouteriez? Comment définiriez-vous les microtitres de compétences?

Au cours des prochains mois, nous prévoyons de mobiliser les intervenants au sujet de l’utilité perçue et potentielle de ces titres de compétences. Nous espérons produire un rapport assorti d’une version actualisée du graphique et des résultats de nos recherches et qui fera progresser notre conception collective de ces titres de compétences naissants, dans l’intérêt des élèves, des établissements d’enseignement et des employeurs.

Merci de nous avoir lues. D’autres développements sont à venir.

Jackie Pichette est directrice, Politiques, recherche et partenariats au COQES; Jessica Rizk est chercheuse.

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