Aperçu de l’accès aux pratiques : Séance de questions et réponses avec Michael Bourdukofsky, chef des opérations, Alaska Native Science & Engineering Program

Michael Bourdukofsky est chef des opérations du programme Alaska Native Science & Engineering Program (ANSEP) à l’Université d’Alaska Anchorage

Les 4 et 5 avril, le COQES tiendra sa conférence annuelle. Le thème de cette année est : « Mettre l’accès et les bonnes idées en pratique ». L’événement mettra en vedette 88 conférenciers qui présenteront leurs idées sur la meilleure façon d’accroître l’accès aux études supérieures et sur la persévérance des étudiants dans le cadre de 24 séances différentes.

À l’approche de la Conférence, nous menons des entrevues avec certains panélistes ou animateurs pour discuter du travail réalisé par eux-mêmes et leurs organisations pour favoriser l’accès à l’enseignement postsecondaire.

Michael Bourdukofsky est chef des opérations du programme Alaska Native Science & Engineering Program (ANSEP) à l’Université d’Alaska Anchorage. Il participera au volet « Stratégies de rétention : Initiatives stratégiques pour appuyer la réussite des étudiants ». Nous avons parlé à Michael pour en savoir plus sur ANSEP et sur le travail accomplit auprès des étudiants autochtones.

Q : Pouvez-vous décrire le Native Science & Engineering Program (ANSEP)? Quel est le mandat du programme, et qu’est-ce qui le rend différent des autres programmes ayant des objectifs semblables?

M.B. : ANSEP fournit une série continue de composantes en commençant auprès des élèves de 6e année et en poursuivant pendant les études secondaires, jusqu’aux études universitaires de premier cycle et supérieures en science et en génie, et jusqu’au doctorat. Grâce à des expériences pratiques, en équipe et en établissement, ANSEP a mis sur pied une communauté universitaire qui offre de l’inspiration, des orientations et des possibilités aux étudiants de plus de 100 communautés de l’Alaska. ANSEP est arrivé à ce modèle après plus de 20 ans d’efforts, sachant qu’une approche fragmentée qui met l’accent sur un seul niveau scolaire n’est pas suffisante pour faire face à l’ampleur des défis éducatifs auxquels sont confrontées nombre de populations mal desservies et sous-représentées aux États-Unis.

Q : Quels sont certains des obstacles auxquels font face les étudiants autochtones quand ils accèdent à des programmes et professions relatifs aux sciences et à l’ingénierie, et comment le programme ANSEP les aide-t-il à les surmonter?

M.B. : Un système d’éducation qui n’est pas axé sur la préparation aux études collégiales. De nombreux étudiants autochtones, en particulier ceux des collectivités rurales, n’ont pas accès aux ressources nécessaires pour garantir qu’ils seront prêts pour les études collégiales à la fin de leurs études secondaires. Beaucoup trop d’étudiants qui arrivent à l’université ont besoin de cours de perfectionnement, ce qui crée un retard d’au moins un an dans leur cheminement. La majorité de ces étudiants ne terminent pas leurs études collégiales.

Un manque de modèles qui font la promotion de la préparation aux études collégiales et de la réussite. Ces étudiants ont besoin de voir un plus grand nombre de personnes comme eux, avec des antécédents semblables, qui atteignent des objectifs pédagogiques plus élevés.

L’absence de réseaux de soutien par les pairs pour les étudiants du collégial, qui peuvent tous travailler ensemble pour réussir au collège et au-delà.

ANSEP élimine ces obstacles en veillant à ce que les étudiants soient prêts pour les études collégiales, à la fois sur le plan scolaire et sur le plan social. Les étudiants qui sont mobilisés tôt et fréquemment à l’aide d’activités de visualisation de carrière et de cours de niveau collégial seront plus que prêts pour le collège et les études supérieures. Pendant les expériences offertes par ANSEP sur les campus collégiaux, les étudiants sont dirigés par de jeunes mentors qui ont des antécédents semblables aux leurs et qui réussissent bien au niveau collégial. Les participants créent également des réseaux avec leurs pairs; ils se motiveront et se soutiendront les uns les autres pendant leurs expériences pré-collégiales avec ANSEP, pendant leurs études collégiales et pendant leurs carrières dans le domaine des STIM.

Q : Pourquoi est-il important de cibler les étudiants dès un jeune âge en vue d’une carrière dans le domaine des STIM? Est-ce plus ou moins important dans un contexte rural?

M.B. : Voici une analogie qui décrit notre approche : Imaginez des gens dans une rivière. Il y a des dizaines de personnes, et elles luttent pour rester à flot et survivre. Notre instinct nous incite à essayer de les sauver, ce qui est d’une importance cruciale. Toutefois, il y a beaucoup trop de gens; c’est impossible de sauver tout le monde. Si vous espérez sauver tout le monde, vous devez remonter le long de la rivière, comprendre pourquoi et comment ces personnes se sont trouvées dans cette situation, et leur donner les outils et l’équipement dont elles ont besoin pour survivre. Compte tenu du temps et des ressources, il sera beaucoup plus rentable d’empêcher les étudiants d’atteindre le point où ils ne voient pas de valeur dans l’éducation, où ils commencent à perdre leur intérêt pour l’école et où, finalement, ils arrivent à l’université et dans les collèges et ont besoin de mesures d’adaptation. Leur apprentissage doit être amusant et pertinent. Le système doit être doté de mesures de contrôle de la qualité qui font en sorte que les étudiants atteignent certains objectifs avant de passer à une autre étape de leur cheminement scolaire. Ces pratiques sont tout aussi pertinentes dans les régions rurales qu’en milieu urbain.

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