Alan Harrison — Compétences, habiletés et titres d’études : un escalier vers le paradis?

Il y a plus longtemps que je ne veux bien l’admettre, j’ai assisté à une présentation de Norm Wagner, alors président du Corporate Higher Education Forum, après avoir été pendant 10 ans recteur de l’Université de Calgary. Wagner a parlé de ce que les employeurs recherchent lorsqu’ils interviewent des diplômés du premier cycle. Ce sont, a-t-il dit, les compétences qui préoccupent les employeurs potentiels et non les connaissances. Le contenu, a-t-il affirmé, est simplement un moyen de perfectionner les compétences.

Les propos de Wagner me semblaient parfaitement logiques à l’époque, mais si certains pouvaient en douter à ce moment, ils devraient se raviser aujourd’hui. L’évidence saute aux yeux. Lorsque j’étais doyen des sciences sociales à l’Université McMaster, nous avons recueilli de l’information sur les emplois occupés par d’anciens étudiants qui avaient récemment obtenu leur diplôme de premier cycle offerts par les unités scolaires de la faculté. J’ai fourni aux directeurs des départements de la faculté la liste des emplois des répondants, je leur ai a dit combien de répondants provenaient de leur unité et leur ai demandé de choisir les emplois de leurs étudiants dans la liste. Ils n’ont pas pu le faire. Cliquez ici pour voir un ensemble de données beaucoup plus perfectionné qui démontre pourquoi ils ont échoué, et pourquoi, par conséquent, les universités devraient cesser de vouer essentiellement leur culte au contenu.

Les universités disent comprendre l’importance du perfectionnement des compétences. Si c’est le cas, pourquoi persistent-elles à fournir des attestations d’études et des relevés de notes axés uniquement sur ce que les finissants savent? C’est le point de départ de Compétences, habiletés et titres d’études, un rapport de recherche que j’ai rédigé et qui a été publié par le COQES.

Puisque le contenu demeure roi et maître dans les universités, les employeurs sont obligés d’extrapoler les habiletés des étudiants. Ils procèdent donc à leurs propres tests pour remplacer les inférences par des faits. Si les universités ne se réveillent pas sous peu, les employeurs se joindront aux collèges pour faire ce que les universités n’ont pas fait.

Chaque recteur d’université digne de ce nom affirme fréquemment que les étudiants apprennent des compétences telles que la pensée critique et la résolution de problèmes. Si tel est le cas, où en est la preuve? Un bon point de départ serait d’évaluer les compétences des étudiants et d’inclure les résultats dans les titres d’études et les relevés de notes.

Toutefois, la question de savoir comment procéder à l’évaluation demeure. Les universités et collèges du Consortium sur l’évaluation des résultats d’apprentissage du COQES ont fait un premier pas, mais aucune université ontarienne n’a encore systématiquement établi de correspondance entre les cursus et les compétences, intégré l’évaluation des compétences à l’évaluation des cours et des programmes et fourni aux finissants et aux employeurs de l’information sur les niveaux de compétences des étudiants.

Ironiquement, un type d’évaluation des compétences existait bel et bien à la fin du XIVe siècle. Un article de Ben Wilbrink décrit comment les étudiants étaient tenus d’atteindre le point où ils « connaissaient » (c’est-à-dire qu’ils pouvaient réciter) des textes religieux, motivés par « la probabilité plus élevée d’être admis au paradis à la fin de leur vie ».

Les croyants, je l’espère, me pardonneront si je dis que l’évaluation des compétences est encore plus importante aujourd’hui.

Après un mandat de cinq ans à titre de vice-recteur aux études à l’Université Queen’s, Alan Harrison s’est joint à l’équipe du Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur à titre de fellow alors qu’il était en congé administratif.

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