Joe Henry — L’apprentissage par l’expérience est offert depuis plusieurs années

Joe Henry est le doyen des étudiants au collège universitaire King’s affilié à l’Université Western, London, Ontario

On a beaucoup parlé dans le monde de l’enseignement postsecondaire de l’importance de l’apprentissage par l’expérience en tant que pédagogie novatrice et cheminement essentiel pour faciliter la transition des étudiants diplômés au marché du travail. Les recherches révèlent que lorsque les étudiants peuvent établir des liens entre leurs expériences en salle de classe et celles à l’extérieur de la salle de classe, leur participation augmente et leur transition à ce premier emploi si crucial devient beaucoup plus facile. Nous n’avons qu’à prendre comme points de référence les divers programmes d’alternance travail-études ou d’études à l’étranger, dont l’efficacité a été démontrée.

Toutefois, ce que l’on oublie de mentionner selon moi dans la plupart des discussions en cours sur l’apprentissage par l’expérience c’est qu’il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau. Si je n’ai aucune objection à ce que l’apprentissage par l’expérience soit intégré davantage aux programmes scolaires offerts sur les campus, je ferais valoir que les étudiants ont, depuis des générations, saisi et créé toute une panoplie d’occasions de faire du bénévolat, de participer à des activités parascolaires ou de travailler sur leur campus afin d’acquérir les compétences requises pour penser différemment à leurs cours ou pour obtenir l’expérience dont ils ont besoin pour leur premier emploi suivant l’obtention du diplôme. Laissez-moi vous donner quelques exemples.

Dans le domaine du bénévolat, nous n’avons pas besoin de chercher très loin pour trouver d’excellentes occasions d’apprentissage pour les étudiants. Songez seulement aux divers postes liés à la vie en résidence offerts sur les campus. Si les responsables des résidences étudiantes et leurs adjoints peuvent étudier dans différents domaines, les compétences acquises à s’occuper d’un étage complet de nouveaux étudiants de première année sont considérables. Qu’il s’agisse de faire office de médiateur en cas de conflits, de diriger les activités ou de fournir du mentorat, ces dirigeants étudiants apprennent rapidement à gérer les priorités, à diriger des équipes et à communiquer efficacement. Je connais beaucoup de chefs de file du milieu de l’enseignement supérieur et d’autres domaines dont la première expérience de travail a consisté à faire partie d’une équipe responsable de la vie en résidence et a constitué la clé de leur réussite professionnelle.

En ce qui a trait aux activités parascolaires, je pense aux diverses associations étudiantes sur nos campus. J’ai eu le privilège de travailler avec ces dirigeants étudiants exceptionnels et de les conseiller au cours de mes presque deux décennies d’expérience dans le domaine des affaires étudiantes. Ces étudiants dirigent non seulement des organisations d’envergure et complexes, mais assument également ces fonctions, dans bien des cas, tout en menant à terme leurs travaux ou en faisant du bénévolat dans leur collectivité. Les compétences acquises en gestion du temps et à travailler avec des personnes ayant différentes opinions sont certes évidentes dans leurs réalisations sur le campus, mais représentent également les compétences que les employeurs de diverses industries souhaitent de plus en plus voir chez leurs employés.

Enfin, je songe aux nombreux secteurs dans lesquels les étudiants occupent un emploi sur le campus. Certains étudiants travaillent comme adjoints à la bibliothèque et d’autres aident à régler des problèmes liés à la TI. Visitez n’importe quel département sur nos campus et vous y trouverez des étudiants en train de travailler et d’acquérir des compétences et habiletés qui leur seront utiles au moment d’entreprendre des études supérieures ou de se joindre à la population active. Si ces postes ne sont peut-être pas toujours liés directement à leur domaine d’études, il n’y a aucun doute que les compétences transférables acquises leur seront utiles au cours de leur carrière et que les universités pourront ainsi puiser dans des sources importantes de nouveaux talents.

Diverses autres activités, comme les clubs étudiants, les équipes sportives universitaires ainsi que les concours et défis, sont offertes et accessibles aux étudiants. Nos universités, grandes et petites, reconnaissent de plus en plus ces formes d’apprentissage au moyen d’attestations de bénévolat, qui fournissent une validation externe et une occasion aux étudiants de réfléchir à leurs expériences. Plus important encore, elles aident les étudiants à mieux s’exprimer lorsqu’ils parlent de leurs compétences et habiletés aux employeurs.

Par conséquent, nous devons absolument, à mesure que les discussions sur l’importance de l’apprentissage par l’expérience évoluent, tirer parti des assises posées par les programmes de bénévolat, d’activités parascolaires et d’emplois sur le campus qui existent depuis de nombreuses années au sein de nos universités. Ces rôles ne se limitent pas à gonfler des ballons, à faire des photocopies et à distribuer des tranches de pizza. Ils offrent à nos étudiants des moyens concrets et efficaces de mettre en contexte ce qu’ils apprennent en salle de classe, de mieux se comprendre et de mieux comprendre autrui et d’entreprendre plus tard des carrières enrichissantes après avoir obtenu leur diplôme.

Joe Henry est le doyen des étudiants au collège universitaire King’s affilié à l’Université Western, London, Ontario.

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