Harvey P. Weingarten — Mesurer la qualité de l’éducation : Le point de vue d’autres pays

Harvey P. Weingarten

Harvey P. Weingarten

Dans mon dernier billet, j’ai soutenu que la qualité de l’éducation postsecondaire pouvait être évaluée d’après la mesure dans laquelle elle remplit des exigences ou des besoins scolaires. J’ai également affirmé que l’enseignement postsecondaire devait de façon essentielle et non négociable faire en sorte que les étudiants reçoivent une éducation qui leur inculque les connaissances et compétences dont ils ont besoin pour réussir leurs vies personnelle et professionnelle. Nous connaissons déjà les catégories globales de compétences dont ils ont besoin pour garantir cette réussite (les connaissances disciplinaires ainsi que les compétences cognitives de base, supérieures et transférables).

Pour l’instant, je ne parlerai pas des connaissances disciplinaires dont les étudiants ont besoin. Ce contenu est habituellement défini par les personnes œuvrant dans le domaine (bien que certains réclament une participation accrue d’autres intervenants ne faisant pas partie du milieu universitaire, comme les employeurs, à l’élaboration des programmes d’études). Il s’agit habituellement de ce que les professeurs enseignent et de ce qu’ils évaluent principalement. Nous semblons faire un très bon travail en ce qui concerne l’enseignement et la mesure du contenu et des connaissances disciplinaires.

En ce qui a trait aux compétences, cependant, plusieurs questions importantes demeurent sans réponse. Parmi la longue liste des compétences ou habiletés discutées, quelles sont celles jugées essentielles ou les plus importantes? Quelles mesures de ces compétences ou habiletés sont fiables et valables, et quelles sont les meilleures stratégies ou approches pour prendre ces mesures? Enfin, comment ces mesures devraient-elles être utilisées, par qui et dans quel but?

Notre fixation sur la mesure de la qualité tient tout particulièrement au fait que l’un des mandats conférés par la loi du COQES consiste à évaluer le système d’enseignement postsecondaire de l’Ontario et de rendre les résultats de cette évaluation publics. À cette fin, nous mettons au point un tableau de bord qui présenterait brièvement la situation du système d’enseignement postsecondaire de l’Ontario. Nous comprenons relativement bien les mesures relatives à l’accès et à la viabilité financière (domaines qu’un tableau de bord doit contenir selon nous), mais la détermination des meilleurs indicateurs à utiliser pour surveiller et évaluer la qualité de l’éducation nous donne du fil à retordre. Nous tenons à prendre cette composante en compte puisque, après tout, la mesure de la qualité de l’éducation devrait faire partie intégrante de toute évaluation d’un système ou d’un établissement d’enseignement postsecondaire, peu importe la difficulté de cette tâche.

Heureusement, nous ne sommes pas les seuls à nous préoccuper de cet aspect. Par conséquent, nous tiendrons un atelier de deux jours à Toronto au mois de mai avec un groupe de spécialistes, provenant des quatre coins de la planète, qui s’affairent à régler ce problème.

Les participants à l’atelier, La mesure du rendement de l’enseignement supérieur : Au-delà des inscriptions, viennent du Royaume-Uni, de l’Irlande, des Pays-Bas, de l’OCDE, de l’Australie, des États-Unis et du Canada. Ces personnes n’ont pas été choisies au hasard. Elles représentent un groupe de gens qui cherchent activement à régler le problème et, plus important encore, qui utilisent une vaste gamme d’approches pour faire face à ce défi. Ils plaident en faveur de différentes mesures. Certains appuient une approche ascendante menée par le corps professoral. D’autres font la promotion d’une mesure descendante normalisée à l’échelle de l’établissement. Certains préconisent une mesure directe des compétences tandis que d’autres prônent l’utilisation de marqueurs de substitution indirects de la qualité. Certains sont partiaux à l’égard des mesures d’intrant et d’autres envers les mesures d’extrant. Certains croient que le gouvernement devrait jouer un rôle important; d’autres adoptent plutôt une approche gouvernementale non interventionniste. Certains mettent l’accent sur les indicateurs les plus pertinents pour leurs étudiants. D’autres insistent sur des indicateurs plus utiles à la société et aux gouvernements.

Nous avons demandé aux participants à l’atelier de se pencher sur trois questions:

1. Selon vous, quels aspects de la qualité de l’éducation postsecondaire, de l’apprentissage des étudiants ou de l’expérience scolaire doivent absolument être mesurés ou permettent le mieux de comprendre ces enjeux?

2. En particulier, comment mesurez-vous actuellement (ou comptez-vous mesurer) ces caractéristiques? Quels indicateurs précis recommandez-vous et utilisez-vous, et pourquoi?

3. Comment les établissements et gouvernements (ou les organismes associés au gouvernement, comme les conseils d’assurance de la qualité, les instances d’accréditation) utilisent-ils ou devraient-ils utiliser ces mesures? De quelle façon ces mesures sont-elles déclarées et diffusées et, d’après votre expérience, quelles répercussions ont-elles eues? Sur ce dernier point, nous souhaitons tout particulièrement entendre vos points de vue et témoignages au sujet de la façon dont ces mesures de la qualité de l’éducation ont eu une influence sur les programmes et programmes d’études postsecondaires, les politiques gouvernementales ou les ressources affectées par les gouvernements et établissements d’enseignement.

Nous avons délibérément invité qu’un petit nombre de participants à l’atelier, car nous avons l’intention de les cajoler de façon éhontée afin de retirer tout ce que nous pourrons d’eux.

Par souci d’exhaustivité et de clarté, les efforts que nous déployons sur la mesure de la qualité de l’éducation n’ont rien à voir avec le classement des établissements d’enseignement. Ils consistent plutôt en un exercice d’amélioration continue de l’enseignement postsecondaire. On ne peut pas gérer ou améliorer ce que l’on ne peut pas mesurer.

Nous avons bien hâte de tenir cet atelier et nous vous communiquerons les leçons que nous y aurons apprises. De plus, les participants prépareront un chapitre résumant leurs travaux et conseils. Nous les publierons sous forme de livre par l’entremise de la School of Policy Studies de l’Université Queen’s en 2018.

Je vous remercie d’avoir lu ce billet.

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