Zachary Rose – À la recherche d’une stratégie d’accès pour les étudiants atypiques

En avril dernier, j’ai eu le privilège de faciliter un groupe de discussion dans le cadre de la conférence, Repenser l’accès : Quand les étudiants atypiques deviennent la norme. Le sujet de la conférence m’emballe vraiment parce qu’il englobe les priorités mises de l’avant par les étudiants depuis déjà quelque temps.

repenser l’accès, Du 19 au 20 avril

Au cours des quatre dernières années, j’ai travaillé avec des associations étudiantes d’universités ontariennes. D’un mon point de vue actuel à la tête de l’Ontario Undergraduate Student Alliance (OUSA), je suis absolument impressionné par le dévouement, la passion et l’engagement des chefs de file de premier cycle. Ces étudiants travaillent fort pour représenter leurs pairs et veiller à ce que l’expérience universitaire soit enrichissante pour tous.

Mais, l’est-elle? L’Ontario affiche le taux de participation aux études postsecondaires le plus élevé et l’un des systèmes d’aide financière le plus important du pays. Pourtant, les étudiants parlent invariablement de l’accès et de l’abordabilité comme étant les problèmes les plus importants du secteur.

Comment cela est-il possible compte tenu d’un taux aussi élevé de diplômation? Les étudiants sont-ils tout simplement mal informés? Bien au contraire. En creusant un peu, on constate que depuis quelque temps déjà les étudiants s’attaquent à une question plus subtile : l’accès, mais pour qui? Oui, le taux d’obtention d’un diplôme d’études postsecondaires est élevé en Ontario, mais les gens qui accèdent aux études supérieures représentent-ils la population en général? Certains groupes sont-ils laissés pour compte?

Certaines recherches primaires de l’OUSA nous donnent ici quelques indications. Le dernier des sondages menés tous les deux ans auprès de nos membres (dont les résultats seront bientôt disponibles sur notre site Web) révèle que la majorité de nos étudiants proviennent encore des familles dont le revenu est élevé. De plus, les étudiants « atypiques » du système doivent composer avec des préoccupations et surmonter des obstacles uniques. Parmi les membres de l’OUSA par exemple, les étudiants adultes, les étudiants de familles à faible revenu et les étudiants handicapés étaient plus susceptibles que les autres de se préoccuper de l’abordabilité de leurs études. L’abordabilité n’est, bien sûr, qu’un aspect de l’accès. Le manque d’information et les obstacles sociaux peuvent constituer des facteurs plus importants et, encore là, il n’est toujours question que de se rendre à la porte d’entrée. Peut-on affirmer qu’un système est accessible si certains groupes ne reçoivent aucun soutien et si leurs besoins sont ignorés au moment de leur arrivée? Encore une fois, nous devons garder à l’esprit qu’il existe une diversité d’expériences et de caractéristiques démographiques.

Les étudiants autochtones, ceux qui souffrent d’un handicap physique ou psychiatrique, les étudiants de première génération, les étudiants LGBTA+, ainsi que les étudiants adultes et ceux qui ont des personnes à charge doivent tous surmonter des obstacles différents. Certains groupes marginalisés doivent composer avec un traumatisme intergénérationnel, qui peut les dissuader de demander l’aide gouvernementale. Certains groupes peuvent être confrontés leur vie durant à des préjugés systémiques : face aux enseignants, aux conseillers en orientation et à d’autres intervenants ne nourrissant que de faibles attentes à leur égard et qui les dirigent ailleurs que vers les études postsecondaires. D’autres peuvent ne pas avoir la possibilité de profiter de l’expérience d’un parent ou d’un ami ayant vécu un déménagement vers une nouvelle ville ou ayant eu à composer avec une lourde charge de travail.

Alors, lorsque nous parlons d’accès, nous parlons non seulement d’accroître le nombre d’étudiants dans le système, mais également la diversité de la population étudiante. Nous parlons également d’amener les étudiants à la porte d’entrée tout en concevant un système qui favorise la persévérance face à différents obstacles. Les méthodes que nous utilisons doivent être aussi diversifiées que les problèmes mêmes, plutôt qu’universelles. Si nous ne gardons pas à l’esprit ces diversités, nous continuerons de laisser certains étudiants derrière, aussi bien intentionnés que nous soyons.

Zachary Rose est directeur exécutif de l’Ontario Undergraduate Student Alliance.

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